Qui souhaitez…

empreintes de pieds verts sur fond noir Dansez Renaissance  Label COM

Musiques à danser de la Renaissance française

  • Artiste :Compagnie Outre Mesure / direction Robin Joly
  • Titre :Qui souhaitez…
  • Thème : Musiques à danser de la Renaissance française
  • Label : Label COM
  • Collection :Dansez Renaissance…, 1er volume
  • Référence : COMdr01
  • Distributeur : Compagnie Outre Mesure
  • Disque (simple album) enregistré en janvier 2001 au Logis de la Chabotterie, patrimoine du conseil départemental de la Vendée
  • Date de sortie : 04/10/2002 au Logis de la Chabotterie, patrimoine du conseil départemental de la Vendée, à l’occasion du festival « 2 Mesures »
Le milieu des musiques dites anciennes et celui des musiques dites traditionnelles, malgré leurs affinités, ne se rencontrent que rarement et c’est souvent dommage. Sur le plan instrumental par exemple, les groupes de musique médiévales, possèdent généralement de bons flûtistes mais très rarement de bons cornemuseux, l’instrument étant généralement confié au hautboïste ou au flûtiste qui ne possède pas la technique adaptée.. Les choses évoluent toutefois dans le bon sens et le présent CD constitue indéniablement un pas en avant dans cette démarche en se plaçant résolument à mi-chemin des deux domaines. Pour ce qui est du cornemuseux, nous sommes servis puisqu’il s’agit de Thierry Bertrand, indéniablement l’un de nos meilleurs gonfleurs de poches actuels et qui le démontre encore une fois au travers de cet enregistrement : un style de jeu très personnel aussi efficace dans les parties rythmées que sensible dans les airs plus mesurés (écoutez l’ouverture de la plage 7 !) ? Ajoutons-y la vielle de Laurent Tixier (Yole), au coup de poignet également redoutable et voici déjà deux raisons de s’intéresser à cet enregistrement. Mais il ne faudrait pas oublier le reste de la compagnie, tous musiciens remarquables, qui assurent en outre une couleur musicale un peu plus conforme à ce que l’on peut attendre d’un disque de musique renaissance avec flûtes à bec, hautbois, cornets à bouquin, luth et percussions diverses. Le répertoire, essentiellement orienté par la lecture de l’Ochésographie (voir article sur cette compagnie dans T.M. n° 71), est entièrement dédié à la danse et mêle standards du bal renaissance, souvent agréablement revisités (branle des chevaux par exemple), pièces un peu moins connues et quelques compositions plus récentes traitées dans l’esprit dont une version de la « framboise » de Bobby Lapointe traitée en gaillarde ! Un mot encore sur le livret, remarquablement complet (y compris propositions chorégraphiques) et sur la belle pochette, plutôt originale pour ce type de musique. J’ai donc toutes les raisons d’accorder les bravos à ce CD dont l’audience devrait dépasser cette des mordus de danse renaissance, en espérant que personne ne m’accusera de l’avoir fait par renvoi d’ascenseur, le livret faisant un peu de pub à la revue… > Jean-Luc Matte [Trad Magazine]

Dans le monde du disque actuel, la « danserie » semble rester une spécialité très française. Les tentatives d’ensembles tels que Piffaro (Archiv), The New London Consort (Oiseau-Lyre), The Parley of Instruments (Hyperion), La Caccia (Ricercar), Consort Veneto (Tactus) sont parfois virtuoses, mais toujours trop aseptisées ; une approche de musiciens et non de danseurs. Il y a en tout cas plus d’authenticité ici, dans ces danses composées à partir de chansons d’aujourd’hui (la gaillarde de Framboise d’après … Boby Lapointe ! avec un ingénieux contre-chant du violon) selon la tradition du XVIe siècle, dans ces libertés d’interprètes qui s’interpellent, se répondent, rivalisent d’invention dans les fredons (ornementations), que dans les lectures « pour le disque », propres et musicalement respectueuses, des professionnels anglo-saxons.

La Compagnie Outre Mesure marche dans les traces de Doulce Mémoire (Astrée) et de la Compagnie Maître Guillaume (la référence en la matière ; Pierre Vérany), on y retrouve d’ailleurs quelques noms connus dans ce petit monde de spécialistes – citons pour mémoire le violon de Frédéric Martin, partout passionnant. Ce qui est étonnant, c’est que chacun de ces ensembles conserve malgré ces échanges une forte personnalité sonore : un broken-consort chez Maître Guillaume, le regroupement par familles –hauts instruments pour l’extérieur, bas instruments pour le salon- chez Doulce Mémoire, le mariage avec les instruments traditionnels (veuze, vielle à roue, tambour, violon) avec la Compagnie Outre Mesure ; mais en commun, il y a la franchise du geste, la joie, la vie.

Ce disque se veut avant tout un support pour la danse, et le passionnant livret qui l’accompagne propose des chorégraphies pour tout le programme. Mais le plaisir de la simple écoute n’en est pas amoindri : sonorités âpres et franches, rythmes vigoureux (la bourrée d’Avignon !), séquences de bravoure (le Branle des Cousines enlevé à la percussion seule par un Sylvain Fabre d’une virtuosité sans pareille dans les découpes et diminutions) parsèment un disque qui fait revivre avec jubilation une tradition perdue.

> Serge Grégory [Répertoire] Prise de son simple et efficace, irrésistiblement vivante / notice ©©©©

Présentation

La Compagnie Outre Mesure, depuis sa création en 2000, axe son travail sur l’art ménétrier.

Cet art de jouer pour faire danser est abondamment et précieusement abordé par Thoinot Arbeau dans son Orchésographie, publiée pour la première fois en 1588.

 Arbeau : ” La danse dépend de la musique et modulations d’icelle, qui est un des sept arts libéraux ; car sans la vertu rythmique, la danse serait obscure & confuse; d’autant qu’il faut que les gestes des membres accompagnent les cadences des instruments musicaux, & ne faut pas que le pied parle d’un, & l’instrument d’autre. Mais principalement toutes les doctes tiennent que la danse est une espèce de Rhétorique muette, par laquelle l’Orateur peut par ses mouvements, sans parler un seul mot, se faire entendre, & persuader aux spectateurs, qu’il est gaillard digne d’être loué, aimé, & chéri…”

 C’est pourquoi nous avons souhaité faire de cette première expérience discographique un panorama des formes chorégraphiques décrites dans cette « bible » des danseurs populaires (voir la conclusion).

Qui souhaitez … (originellement nommer « Dansez Renaissance …. ») est conçu pour pallier au manque de ménétriers dans une assemblée désirant baller, car pour toutes les danseries nos choix de tempos, dynamiques, phrasés et articulations sont orientés par une réflexion permanente sur le rapport musique/danse afin d’optimiser le plaisir des danseurs !

Ce disque peut également être un outil pédagogique pour l’apprentissage des différentes danses, la découverte des instruments …

Programme

Branles doubles : 3 bransles de Champaigne
Seconde suite de bransles de Champaigne, du Sixieme livre de danceries, mis en musique par Claude Gervaise, Imprimé par Pierre Attaingnant en 1555.

  1. Premier branle de Champagne [f° XIIII v°]
    Deuxième branle de Champagne [f° XIIII v°]
  2. Troisième branle de Champagne [f° XV v°]
    Cette mélodie est également dans le Premier livre de danserie [bransle de Champaigne 20 – f° 14], mis en musique par Jean d’Estrée, De l’imprimerie de Nicolas Du Chemin en 1559.

Pavane & Gaillarde : Pavane & Gaillarde Qui Souhaitez
Quart livre de danceries, veu et corrigé par Claude Gervaise, Imprimez par Pierre Attaingnant en 1550.

  • Pavane Qui Souhaitez [f° VII v°]
  • Gaillarde : Qui Souhaitez [f° VII v°]

La Pavane et la Gaillarde Qui Souhaitez tire leur mélodie de la chanson de Pierre Sandrinpublié en 1549, dans le Vingtneuviesme livre de Pierre Attaingnant.
Le texte de cette chanson a plusieurs fois été mis en polyphonie par Antoine de Mornable dans le Vingthuistiesme livre de chansons de Pierre Attaingnant en 1549, et par Clément Janequin dans le Premier et Second livre de chansons chez Nicolas Du Chemin en 1549. C’est à partir du Ténor de la chanson que la mélodie a été arrangée.

  • Volte : Volte du Tambour [n°CXCIX]
    Terpsichore, Mickaël Praetorius, 1612. Nous sommes partis de celle à cinq parties, car il la propose également à 4 [volte n° CCXLV].
    La volte est une sorte de gaillarde d’origine provençale comme le souligne Arbeau dans son Orchésographie.
  • Branle gay : Le petit velours [f° 16]
    Second livre de danserie, mis en musique par Jean d’Estrée, De l’imprimerie de Nicolas Du Chemin en 1559.

Branles doubles : Suite du Grand Logis

  • Septième bransle de Champaigne [f° XXX v°]
    De la troisième suite de bransle de champaigne, du Cinquiesme livre de danceries,
    veu et corrigé par Claude Gervaise. Imprimez par Pierre Attaingnant
    en 1550.
    On le retrouve aussi chez Nicolas Du Chemin dans son Premier livre de danseries.
  • Onzième bransle de Champaigne [f° XXV v°]
    De la deuxième suite de bransle de champaigne, du Cinquiesme livre de danceries,
    vue et corrigé par Claude Gervaise Imprimez par Pierre Attaingnant en 1550.
  • Mon mari est bé malade
    mélodie traditionnelle vendéenne. C’est une chanson de mal mariés dont nous avons simplement conservé la mélodie.
  • Douzième bransle de Champaigne [f° XXV v°]
    De la deuxième suite de bransle de champaigne, du Cinquiesme livre de danceries,
    vue et corrigé par Claude Gervaise, Imprimez par Pierre Attaingnant en 1550.
  • Sixième bransle de Bourgongne [f° XXV v°]
    De la première suite de bransles de bourgongne, du Troisieme livre de danceries,
    vue et corrigé par Claude Gervaise, Imprimé par Pierre Attaingnant en 1556.
    Cette mélodie se trouve aussi chez :
    – Adien Le Roy & Robert Ballard dans : le Premier livre de guiterre de 1551 +
    le Livre de Cistre de 1565
    – Pierre Phalèse dans : des livres de danseries pour le luth parue de 1563 à 1571 +
    chorearum molliorum en 1583.

Branles simples : 2 bransles communs
Premier livre de danserie, mis en musique par Jean d’Estrée, De l’imprimerie de Nicolas Du Chemin en 1559.

  1. Deuxième branle commun [f° 2]
  2. Septième branle commun [f° 3 v°]
    Celui-ci n’est autre que la chanson La la la Je ne l’ose dire de Pierre Certon, transformée en branle. Il sera réédité chez Pierre Phalèse dans son Premier livre de danseries de 1571 ainsi que dans le monumental recueil de 1612, Terpsichore de Mickaël Praetorius.
  3. Branle morgué : Les Chevaulx [f° 88]
    Orchésographie, Thoinot Arbeau, traité publié pour la première fois à Langres par Jehan Desprez en 1588.

Il est intéressant de noter qu’aucune autre source ne mentionne le branle des chevaux sous cette forme mais qu’il existe une allemande Le Pied de cheval pour le clavecin dans le Dublin Virginal Book, pour la guitare et le luth respectivement chez Adrien Le Roy dans son Troisième livre de guiterre de 1552 et chez Pierre Phalèse dans Carmina quae chely de 1549 et Selectissima elegantissimaque de 1570.

  1. Allemande : Entrée du Fol [f° V]
    Het Derde Musyck Boexken, Tielman Susato, 1551.
  2. Gaillarde : Gaillarde Framboise (dédiée à Sophie Rousseau)
    Mélodie de Robin Joly, d’après la chanson de Boby Lapointe, harmonisée par Miguel Henry, avec un contre chant de Frédéric Martin.

C’est une tradition qu’une chanson soit le support de compositions d’autres genres, comme, entre autres, des messes, des motets, des fantaisies et même des danseries ( Qui Souhaitez, La la la, Je ne l’ose dire …).
C’est de ce concept que Robin Joly a proposé une adaptation libre de la mélodie de la chanson Framboise de Boby Lapointe.

Basse dance : Troisième Basse danse
De ce que nous considérons comme son premier livre de danseries : Neuf basses dances deux branles vingt et cinq Pavennes avec quinze Gaillardes, imprimé par Pierre Attaingnant en 1530. Cette basse dance ressemble de près à la première danse du recueil, qui est arrangée à cinq parties. Publiée dans un livre de danseries en Allemagne par Paul Hessen en 1555, on la retrouve également dans le célèbre manuscrit, appelé aussi Chansonnier de Zeghere Van Male, 125-128 de Cambrai.

  1. Troisième Basse danse [f° II]
  2. Retour de la Troisième Basse danse [f° II]

« la basse dance entiere contient trois parties : La premiere partie est appellée basse dance : La seconde partie est appellée retour de la basse danse : Et la troisieme & derniere partie, est appellée tordion. » Orchésographie, Thoinot Arbeau. La basse dance, danse déjà ancienne pour le seizième siècle nous dit Thoinot Arbeau, a connu son heure de gloire en Italie et dans les Flandres au quinzième siècle.  La basse dance Jouyssance vous donneray, décrite par Thoinot Arbeau, est dite commune et régulière. L’air de la basse dance III que nous vous proposons s’organise de la même façon.

  1. Tourdion : Tourdion Woodi
    Mélodie composée par Robin Joly, à partir de la basse dance précédente et harmonisée par Miguel Henry, en 2000.
  2. Pavane : Pavane Châteaumur
    Mélodie incertaine apportée par Laurent Tixier et harmonisée par Pascale Boquet.
  3. Gaillarde : Gaillarde Ghequest bin ick [f° XIV]
    Het derde Musyck Boexken, Tielman Susato, 1551.
  4. Allemande coupée : Allemande de la Fuye
    Pierre Phalèse.

Branles de Poitou coupés : Suite du fossé

  • Branle des Noces
    Mélodie traditionnelle.
  • Branle de la Chabotterie
    Mélodie traditionnelle.
  • Branle des Cousines
    Composé pour un tambour solo par Robin Joly & Sylvain Fabre en 2001.
  • Branle des Noces
    Mélodie traditionnelle.

Suite de branles coupés : cette alliance musicale, de prime abord identique, nous entraîne dans un jeu chorégraphique, où le mélange des airs est une pratique ludique et courante des ménétriers.

  • Charlotte [f°76]
    Orchésographie, Thoinot Arbeau, traité publié pour la première fois à Langres par Jehan Desprez en 1588.
  • Au saint nau
    Mélodie traditionnelle de noël vendéen.
  • Charlotte & Au saint nau
  • Branle coupé : Bourrée d’Avignon [f° XXII]
    Tirée du manuscrit intitulé Recueil de plusieurs vieux Airs. Recueilli par [André-Danican] Philidor l’Aisné en 1690.
    Egalement dans :
    – le Terpsichore [Bourrée n° XXXII,2]
    – le Dancing master de John Playford (contredance), 1651.

Compagnons

Direction, conception et réalisation : Robin Joly
Direction artistique de ce disque :
 Michèle Vandenbroucque & Jean-Paul Boury
Prise de son, montage, mixage & mastering : Etienne Touret & Gautier Renoux
Graphisme & pressage : Master Lab Systems

Thierry Bertrand : cornemuse
Sylvain Fabre : percussions
Sandra Guiblet : flûtes à bec
Miguel Henry : guitare & luth
Robin Joly : bombardes, douçaines & flûtes à bec
Laurent Tixier : vielles à roue & cornemuse

Invités pour ce disque

Jean-Paul Boury : cornet à bouquin
Franck Jubeau : cornet à bouquin
Frédéric Martin : violon
Michèle Vandenbroucque : chorist fagot

Partenaires